Mamady Doumbouya avant et après, le destin d’un homme qui a changé la direction de la Guinée

Mamady Doumbouya, est un militaire et homme d’État guinéen né en 1980. Il est nommé commandant du Groupement des forces spéciales de l’armée guinéenne en 2018 et obtient le grade de colonel en 2020.

En 2021, il conduit un coup d’État contre le président Alpha Condé et devient président du Comité national du rassemblement pour le développement et président de la Transition.

Né le 4 mars 1980, Mamadi Doumbouya est originaire de la région de Kankan. Stagiaire guinéen de l’École de guerre en France, il est titulaire d’un brevet français d’études supérieures militaires et d’un master de défense de l’université parisienne Panthéon-Assas. Il est titulaire d’un diplôme de Saumur dans le cadre de la coopération entre la France et les États africains partenaires pour la formation de gradés[réf. nécessaire].

Il suit des formations militaires au Sénégal, au Gabon et en Israël et participe à des missions et opérations à l’École de guerre en France, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, à Djibouti, en République centrafricaine, en Israël, à Chypre et au Royaume-Uni.

Légionnaire de l’armée française, il termine son contrat en 2009 au grade de caporal. Il revient en 2012 en Guinée pour dernièrement commander, à partir de 2018, le Groupement des forces spéciales (GFS ou GPS), une unité d’élite de l’armée spécialisée dans l’antiterrorisme. Il défile en tête de cette unité lors de la fête nationale des 60 ans de l’indépendance de Guinée.

En février 2019, il est l’un des participants à une formation militaire Flintlock pour l’élite militaire africaine. Comme Assimi Goïta pour le Mali, le lieutenant-colonel Doumbouya représente son pays à Ouagadougou lors d’exercices militaires organisés par l’armée américaine.

Il devient lieutenant-colonel en 2019 et colonel en 2020.

Au cours de l’année 2021, il tente de rendre le Groupement des forces spéciales moins dépendant du ministère de la Défense nationale, ce qui suscite la méfiance du pouvoir guinéen. En mai, des rumeurs font même état de son arrestation.

Le 5 septembre 2021, il annonce l’arrestation du président de la République, Alpha Condé, la destitution du gouvernement, la suspension de la Constitution ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Invoquant « la situation socio-politique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens », il proclame la mise en place d’un Comité national du rassemblement pour le développement ( CNRD) et invite les militaires à rester dans les casernes. Il déclare alors : « Nous n’avons plus besoin de violer la Guinée : on a juste besoin de lui faire l’amour, tout simplement. »

Le 17 septembre 2021, douze jours après le coup d’État, la junte le désigner président de la République.

Le 27 septembre est publié la charte de la transition qui fait de Doumbouya le président de la Transition, et prévoit la désignation d’un Conseil national de la transition — qui fait office de Parlement et devra rédiger la prochaine Constitution — et d’un Premier ministre civil. Par ailleurs, Doumbouya et les autres membres de la junte sont inéligibles pour les prochaines élections. Il prête serment le 1er octobre au palais Mohammed V devant la Cour suprême qui détiennent les prérogatives de la Cour constitutionnelle dissoute.

Le 6 octobre 2021, il nomme Mohamed Béavogui Premier ministre.


Mamadi Doumbouya est marié et père de quatre enfants. Lauriane Doumbouya, son épouse, est française et sous-officier de gendarmerie.