Un autre regard sur l’économie de la République du Congo

L’économie de la République du Congo repose principalement sur l’exportation du bois, un mélange de l’agriculture, de l’artisanat, et une activité industrielle basé sur la production de tabac, ciment, textile, savon et boissons alcoolisées, mais surtout sur la production des hydrocarbures. 

L’extraction du pétrole a supplanté la sylviculture comme le pilier de l’économie. En 2015, le secteur pétrolier a représenté 75% du PIB, soit 85% des recettes publiques et 92% des exportations. Le pays a aussi une grande richesse minérale inexploitée. 

Au début des années 1980, les revenus du pétrole augmentent rapidement et permettent au gouvernement de financer des projets de développement à grande échelle avec une croissance moyenne du PIB de 5% par an, l’un des taux les plus élevés en Afrique.  

Aujourd’hui, les ressources pétrolières du Congo sont gérées par la Société nationale des pétroles du Congo ou SNPC, créée en 1998 à partir de certaines activités de la compagnie Hydro-Congo, compagnie pétrolière d’État.

Le 12 janvier 1994, la dévaluation des monnaies de la zone franc de 50% ont abouti à une inflation de 46% en 1994, mais l’inflation a diminué depuis. 

Les efforts de réforme économique ont continué avec le soutien des organisations internationales, notamment la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI).  

Le programme de réforme est venu en Juin 1997, lorsque la guerre civile a éclaté.  

Lorsque Sassou Nguesso est revenu au pouvoir à la fin de la guerre civile en Octobre 1997, il a publiquement exprimé son intérêt à aller de l’avant avec des réformes économiques, la privatisation et le renouvellement de la coopération avec les institutions financières internationales.  

Cependant, le progrès économique a été gravement touché par l’effondrement des prix du pétrole et la reprise du conflit armé en 1998, ce qui a aggravé le déficit budgétaire de la République du Congo. 

Le gaz naturel et les diamants sont aussi des récentes sources d’exportations. Bien que le Congo ait été exclu du Processus de Kimberley en 2004, la plupart de ses exportations de diamants étaient en fait vendus clandestinement à partir de la République Démocratique du Congo voisine.  Le Congo a été réadmis dans le Processus de Kimberley en 2007. 

La République du Congo a également un grand métal inexploité d’or, de fer et des dépôts de phosphate…  

Le pays est membre de l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA). 

Le PIB de la République du Congo a augmenté de 6% en 2014 et de 7,5% en 2015. 

La crise économique consécutive à l’effondrement des cours du pétrole depuis la mi-2014 s’est accentuée en 2017, avec une contraction du PIB de 3,1 % (contre -2,8 % l’année précédente). La hausse de la production pétrolière enregistrée en 2017, liée à la mise en service d’un nouveau gisement (Moho Nord), et la remontée des cours du brut n’ont pas permis de compenser le déclin des activités non pétrolières. Celles-ci ont enregistré une baisse de 7,9 % en 2017, les difficultés financières (imputables à l’accumulation des arriérés de l’État) ayant poussé de nombreuses entreprises à réduire leur activité et leur personnel, en particulier dans les secteurs des télécommunications, des transports et de la construction.

La croissance économique devrait cependant connaître une timide reprise sur la période 2018-20, à 1,9 % en moyenne. Ce redressement est à imputer à la hausse de la production pétrolière et des activités dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) et dans le secteur manufacturier, avec l’entrée en production de la cimenterie Dangote en novembre 2017.

La production non pétrolière devrait se consolider progressivement pour atteindre son pic en 2019. L’inflation devrait rester maîtrisée sous l’objectif des 3 % fixé par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEMAC), ce qui devrait permettre de contenir les déficits budgétaire et extérieur sur la période 2018-20, sous réserve de la bonne exécution des réformes budgétaires et économiques par le gouvernement.

Le Groupe de la Banque mondiale entend aider les autorités du Congo-Brazzaville à diversifier l’économie du pays en réduisant la dépendance au pétrole, pour privilégier une croissance tirée par le secteur privé et la création d’emplois. La stratégie, qui cherche également à améliorer la performance des services publics de base, notamment dans la santé et l’éducation, s’articule autour de trois axes : compétitivité et emploi ; vulnérabilité et résilience ; et renforcement des capacités gouvernementales et de la gouvernance.

Un nouveau cadre de partenariat-pays couvrant la période 2018-22 devrait être soumis à l’approbation du Conseil des administrateurs début 2019. Il s’attachera à mieux aligner le programme d’activités de la Banque mondiale dans la République du Congo sur son double objectif visant à mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et à promouvoir une prospérité partagée, et reposera sur trois leviers : les réformes macroéconomiques, le renforcement de la résilience et du capital humain, et le soutien au développement du secteur privé et à la diversification de l’économie.

La récession qu’a connue le pays, plombé par l’effondrement de ses recettes pétrolières, souligne l’importance de diversifier l’économie et d’utiliser de manière plus efficace les ressources publiques.

Le Groupe de la Banque mondiale réfléchira par ailleurs à des mécanismes alternatifs de financement des grands projets d’infrastructure, en s’appuyant notamment sur la collaboration avec la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), et en promouvant les partenariats public-privé.

Agriculture

Le projet d’appui au développement de l’agriculture commerciale, financé par un crédit de l’IDA de 100 millions de dollars, devrait améliorer la productivité des agriculteurs et l’accès aux marchés pour les groupes de producteurs et les micro, petites et moyennes entreprises dans les zones couvertes. Il devrait également apporter une réponse efficace et immédiate en cas de crise ou de situation d’urgence.

Éducation

Un nouveau projet d’appui au secteur de l’éducation, actuellement en cours de mise en œuvre et en partie financé par l’IDA (30 millions de dollars sur un coût total de 70 millions), vise à améliorer les résultats scolaires au primaire et au collège et à renforcer l’efficacité des systèmes de gestion, en particulier pour les ressources humaines.

Trois études stratégiques ont été conduites pendant la phase de préparation (pour évaluer les performances des instituts de formation des enseignants, la direction de la formation continue et l’institut de recherche et d’action pédagogique). Les conclusions, largement diffusées, font actuellement l’objet de discussions avec le gouvernement.

Finance, compétitivité et innovation

Le projet d’appui au développement des entreprises et à la compétitivité, financé par la BIRD (25 millions de dollars), devrait bientôt entrer en vigueur. Il vise à renforcer la concurrence dans des secteurs (agriculture et agro-industrie, transports et TIC, tourisme) et des zones géographiques (corridor Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso) clés, grâce à des réformes du climat de l’investissement, le soutien aux investissements et un appui technique et financier aux entreprises.

Le projet devrait également servir de catalyseur aux investissements publics et privés dans le but de renforcer la plateforme infrastructurelle et logistique du pays, indispensable pour concrétiser l’ambition de la République du Congo de s’imposer comme pôle économique régional et porte d’accès incontournable à l’Afrique centrale.

Gouvernance

Le projet de réforme intégrée du secteur public, financé par un crédit de l’IDA de 40 millions de dollars, a été approuvé en mai 2017 puis signé en juin pour un démarrage prévu en avril 2018 (à la suite de deux prolongations de la date limite d’entrée en vigueur). Cette opération entend améliorer la gestion des recettes publiques et de la reddition de comptes et bénéficier ainsi aux habitants du pays, qui devraient voir s’améliorer la qualité des services publics et, plus généralement, l’efficacité de l’administration.

Filets sociaux

Le projet Lisungi, doté à l’origine de 17 millions de dollars et cofinancé par l’IDA (2 millions) et le gouvernement congolais (15 millions), a pour objectif de poser les jalons indispensables à un programme national de protection sociale et de tester un dispositif de transferts monétaires pour améliorer l’accès des ménages les plus pauvres aux services d’éducation et de santé dans les zones visées.

L’IDA a depuis porté sa contribution à 12 millions de dollars (ce financement additionnel devant encore être approuvé par le Parlement), tandis que l’Agence française de développement a apporté 8 millions d’euros supplémentaires en appui à l’extension du programme à d’autres régions. De son côté, l’UNICEF a débloqué 83 millions de francs CFA pour renforcer les mesures d’accompagnement visant les familles bénéficiaires, améliorer la communication avec les ménages et donner davantage de moyens aux travailleurs sociaux des bureaux locaux rattachés aux circonscriptions d’action sociale.

Environ 3 455 ménages et 2 794 personnes âgées ont bénéficié du projet qui verse tous les trimestres des allocations conditionnées à la scolarisation des enfants et à un suivi médical régulier.

Emplois et qualifications

Le projet de développement des compétences pour l’employabilité, doté au départ de 32 millions de dollars cofinancés par l’IDA (10 millions) et le gouvernement congolais (22 millions), vise à améliorer les compétences professionnelles et entrepreneuriales de jeunes urbains en situation précaire. Actuellement en cours de restructuration faute d’avoir pu mobiliser des fonds de contrepartie, le projet sera revu à la baisse pour ne couvrir finalement plus que 6 000 jeunes vulnérables.

Statistiques et pauvreté

Le projet de renforcement des capacités statistiques, doté de 33 millions de dollars cofinancés par l’IDA (4,8 millions) et le gouvernement congolais (28,2 millions), est entré en vigueur en 2015.

Développement urbain

Le projet de développement des infrastructures d’eau et d’électricité en milieu urbain consistait initialement en une opération de 125,5 millions de dollars cofinancée par le gouvernement congolais et approuvée en 2010. Il a directement bénéficié à 1,1 million de personnes et contribué à la construction de 32 kilomètres de routes goudronnées et de 230 kilomètres de canalisations d’eau sur les réseaux secondaire et tertiaire. Un financement additionnel de 150 millions de dollars va permettre de moderniser le réseau de distribution électrique, d’améliorer les performances opérationnelles et commerciales de la compagnie nationale d’électricité et de renforcer ses compétences institutionnelles.

Le projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires, doté d’une enveloppe de 120 millions de dollars, est cofinancé par le gouvernement (40 millions) et la BIRD (80 millions). Il a pour objectif d’améliorer l’accès aux services de base dans certains quartiers défavorisés de Brazzaville et de Pointe-Noire et de renforcer les capacités des autorités nationales et municipales à rénover les zones urbaines. Des études techniques et environnementales sont en cours et le premier chantier devrait démarrer au premier semestre de 2019.

Eau et assainissement

Le Groupe de la Banque mondiale a apporté une assistance technique pour la conduite d’un audit des institutions, qui a débouché sur l’élaboration d’une nouvelle politique nationale de l’eau et de l’assainissement conforme aux Objectifs de développement durable de la communauté internationale.

Le Groupe de la Banque mondiale, la Chine, l’Union européenne, l’Agence française de développement et la Banque africaine de développement sont les principaux partenaires financiers du pays. Tous s’emploient à promouvoir la diversification économique, améliorer l’environnement des affaires, développer les secteurs de la santé et de l’éducation et renforcer la protection sociale de la population. Les Nations Unies et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale sont également actives dans le pays. Enfin, le Fonds monétaire international discute actuellement avec les autorités d’un programme de soutien à la reprise économique.

Enfin, il est important de noter qu’en République du Congo, plus de 80 % des activités commerciales appartiennent aux étrangers ou aux personnes d’origine étrangère.